19 septembre 2009
« Où est la littérature qui permette à la Nature de s'exprimer ? Serait un poète celui qui pourrait enrôler vents et rivières à son service, afin qu'ils parlent pour lui ; celui qui clouerait les mots à leurs sens primitifs, comme les fermiers renfoncent leurs pieux que le gel a soulevés ; celui qui puiserait ses mots aussi souvent qu'il s'en servirait, les transplanterait sur sa page avec la terre adhérant à leurs racines ; dont les mots sont si frais et naturels qu'ils sembleraient se développer comme les bourgeons à l'approche du printemps, bien qu'ils reposent étouffés entre deux feuilles moisies dans une bibliothèque (…). »
Henry David Thoreau, De la marche, Mille.et.une.nuits, 2003, p.47.