EXPOSITION "j'ai capturé dans mes filets..."
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Muriel Crochet au Muséum des sciences naturelles d'Angers
Il y a en ce moment et jusqu'au 20 septembre 2009, au Muséum des sciences naturelles d'Angers, une exposition temporaire aussi belle que singulière, "J'ai capturé dans mes filets...", oeuvre croisée de la licière Muriel Crochet et de l'écrivain Thérèse Bonnétat.
Le lieu est lui-même étonnant pour le visiteur qui pénètre pour la première fois dans le Muséum. C'est un ancien hôtel particulier construit à l'aube du XIXeme siècle. De cette origine privée, il a conservé la distribution des pièces, les parquets cirés, les décors peints en trompe-l'oeil, les cheminées. L'étage supérieur s'ouvre de plain-pied sur un jardin d'inspiration classique. Le parcours de l'exposition temporaire se faufile parmi les collections permanentes et parfois les détourne sur le territoire du conte, de la poésie. Le livret qui l'accompagne évoque une "songerie entomologique".
Une grosse boule rouge comme un ballon d'enfance dont il suffit de suivre le fil qui court sur les murs et de salle en salle, attend sur un seuil. Et l'on va, comme la fillette des contes derrière la pelote de la baba-yaga, à la rencontre d'insectes étranges, capturés par des toiles d'araignées un peu sorcières, parmi d'improbables envols de papillons, de scarabées brillants suspendus dans de petits flacons rêveurs, tandis que dans les vitrines les reflets multiplient les clins d'oeil d'oiseaux coiffés de mystérieux bonnets rouges, nantis de cols et de quichenotes paysannes tricotés main et jusqu'à une tigresse toute d'os qui a mis sa culotte de pourpre laineuse. Entre épiphanie et dévoration, tout un monde minuscule et gracile bat des ailes comme pages de livre. Le fil s'épanouit en floraison soudaine et intense de tapisseries rouges et blanches, en poèmes légers qui parlent de chagrins d'enfant. Le dénouement a la cruauté d'une naissance, le fil est coupé dans le jardin.
Cette exposition puise sa poésie au plus profond de l'enfance du monde, dans les mythes qui racontent le tissage et les fils, la trace et l'écriture, la vie et la mort, ces mythes anciens dont l'imaginaire des contes suggère la palpitation sous la lampe allumée où s'écarquillent les yeux des Petits Poucets. Elle déploie cette évocation dans le Muséum des sciences naturelles avec la grâce innocente et merveilleuse du mystère, c'est à dire de l'art.
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